Au long de ma courte existence (30 ans ça va, je peux encore dire ça !), j’ai eu recours à la psychothérapie par deux fois. Cela ne s’est pas fait de ma seule initiative, car il faut l’avouer, ce n’est pas évident de se lancer. Et pourtant, on ne devrait pas avoir honte de se faire accompagner, lorsque l’on n’arrive pas à gérer par nos propres moyens. Sous peine de traîner ça toute sa vie et de voir son quotidien grandement impacté.

Pour commencer, petite définition de la psychothérapie :
thérapeutique des troubles psychiques ou somatiques (et psychosomatiques) par des procédés psychiques (psychanalyse et pratiques dérivées). Source : Google.

Vu comme ça, qu’est-ce que l’on se dit… « Ce n’est pas pour moi, ça ne me concerne absolument pas ! ».
Maintenant, je vous invite à en lire un peu plus ici.

Car là, on peut lire que la psychothérapie permet de :

  • cesser de souffrir psychologiquement (phobies, angoisses, anxiété, panique, déprimes récurrentes…)
  • régler des problèmes affectifs ou relationnels (obsessions, timidité, estime de soi, échecs amoureux…)
  • modifier des comportements qui nuisent au bien-être (stress post-traumatique, dépendances diverses, dysfonctions sexuelles…)
  • faire face à une crise existentielle et redéfinir ses objectifs de vie (après quoi je cours ?, réorientation de carrière…)
  • acquérir de nouveaux outils afin de se réaliser pleinement ou pour améliorer l’adéquation entre ses valeurs et la réalité de la vie

Ha ! Là, je sens que de suite, vous vous sentez un petit peu plus concerné.

Je ne jette la pierre à personne, car moi la première, j’avais les mêmes a priori. Mon premier rendez-vous avec un psy, m’a été fortement recommandé par mon médecin généraliste, après qu’il m’ait prescrit des antidépresseurs. Après une année de succession difficile, à la suite du décès de mon père, j’étais au plus mal. Crises de pleurs, irritabilité démesurée, moral au plus bas, idées noires… la solution du suicide pointait le bout de nez.

 Je n’étais pas très « chaude » mais la demande de mon conjoint de l’époque et l’effet des cachets faisant, je me suis lancée. En attendant la première séance, mon imagination y est allée bon train. Je me voyais déjà allongé sur un canapé, ne sachant pas quoi raconter, à cette personne silencieuse à lunettes (oui à lunettes, #cliché). Je suis donc arrivée, bien stressée et ça ne s’est pas amélioré par la suite. Alors pas de canapé, mais un fauteuil très confortable, une pièce agréable. On aurait dit que tout était prévu, pour qu’on se sente bien (température, lumière, déco…). Rien n’attire l’attention afin de se concentrer sur la séance.

Mais c’est là que ça se complique, elle reste silencieuse et me pose très peu de questions… 45 min à raconter que ça ne va pas et pourquoi je pense être là. Elle ne me laisse pas repartir sans programmer le prochain rendez-vous, la semaine suivante. Ça deviendra un rituel pour l’année à venir, tous les jeudis à la même heure, selon sa volonté.

C’est difficile à croire, vu la première description que j’en fais. Alors oui, j’ai pensé à annuler le rendez-vous, dès que j’ai eu passé la porte. Et j’ai eu la boule au ventre jusqu’au rendez-vous suivant, car je n’avais aucune idée de ce que j’allais pouvoir raconter. Mais j’ai décidé de commencer la troisième séance, en lui parlant de cette angoisse, du fait qu’elle ne dit pas grand-chose et des silences gênants qui durent parfois. Le déclic s’est alors produit et je suis contente aujourd’hui d’avoir eu le courage de le faire.

Par la suite, j’ai tout simplement commencé chaque séance en racontant ce qui me passait par la tête, où ce qui m’était arrivé dans la semaine. Je conçois que ça ne peut peut-être pas convenir à tout le monde et je pensais en faire partie, mais finalement ce n’est que plus gratifiant. J’ai eu l’impression de faire ce travail sur moi-même « toute seule ».  Évidemment, la psy m’a posé certaines questions au bon moment pour m’aiguiller, mais en parlant, les connexions se font elles-mêmes et certains lapsus s’avèrent très révélateurs.

Grâce à la thérapie, je me suis rendu compte que mon état n’était pas dû aux événements récents, c’étaient seulement des déclencheurs. Et il est impressionnant de voir que même si on est persuadé de quelque chose, au fond ce n’est pas ce que l’on ressent (je sais que votre curiosité vous pousse à vouloir en savoir plus sur ma mystérieuse histoire, mais je n’en dirai pas plus). J’ai donc fait un gros travail sur moi-même et j’ai pu arrêter progressivement les antidépresseurs. La thérapie a pris fin au bout d’un an, quand la psy m’a sentie prête et il a fallu quelques séances pour m’y préparer. Hé oui, contre toute attente, j’angoissais à l’idée d’arrêter. Peur de la rechute, de ne pas gérer toute seule, les événements qui pourraient survenir… Elle m’a donc fait prendre conscience, que j’étais capable de faire ces séances toute seule. Il suffit de prendre le temps, d’écouter la petite voix dans sa tête et d’essayer de comprendre ce qu’elle raconte. Il était bien entendu, qu’en cas de réel besoin, je pouvais revenir pour une consultation.

En me relisant, je m’aperçois qu’on dirait que le plus dur c’est de prendre et d’aller au premier rendez-vous. Ce n’est pas faux 😉 Mais même si je suis passée rapidement, sur ce fameux travail sur soi-même qu’il faut faire, cela n’en reste pas moins très dur. Je pense qu’avant toute chose, il faut accepter d’aller moins bien pour aller mieux. Après certaines séances, j’allais plus mal qu’avant de commencer la psychothérapie. C’est le signe que l’on touche le ou les points sensibles, que l’on progresse, même si à ce moment-là, ce n’est pas du tout l’impression que ça donne.

Malgré tout ce que j’ai appris durant cette thérapie, cela ne m’a pas empêché d’y avoir recours une seconde fois, quelques années plus tard. Mais j’ai déjà beaucoup trop parlé donc j’y reviendrai lors d’un prochain article. Je sais vous êtes aussi déçu qu’à la fin d’un épisode Netflix, où il n’y a pas marqué « épisode suivant », mais la suite ne sera pas longue à venir.

N’hésitez pas à partager vos expériences ou à poser vos questions en commentaires.

A la semaine prochaine. 🤓

Aurélie

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